Nouveaux bâtiments de l’UICN : une empreinte qui ne laisse quasiment pas de trace

UICN

Inaugurés en grande pompe en 2010, les nouveaux bureaux de l’UICN se démarquent par leur performance énergétique. Christian Laufenberg, responsable des services généraux de l’Organisation, revient sur le choix des concepts et sur l’implication d’Amstein+Walthert dans cet exceptionnel ouvrage.

Christian, quelles ont été vos responsabilités dans le projet ?

J’étais conseiller auprès de la Directrice générale de l’UICN, et j’ai été amené à me prononcer sur certains aspects techniques, au début des travaux. L’opportunité m’a ensuite été donnée de participer à la surveillance et à la gestion du chantier, challenge que j’ai relevé avec passion.

Justement, parlez-nous un peu de cet immeuble et de sa destination ?

Situé à Gland sur les bords du lac Léman, il est le siège administratif de l’UICN, où se regroupent les départements structurels comme les ressources humaines, les finances et les services opérationnels en général. Tout le back-office de l’IUCN est réuni dans le bâtiment, mais aussi les programmes globaux thématiques, les forêts, la mer, les espèces, les aires protégées, l’eau, etc. Nous louons par ailleurs certains espaces à des organisations éthiquement proches de la nôtre, comme la Fondation pour la nature MAVA, la Fondation internationale du banc d’Arquin (FIBA) ou encore l’Association Mondiale des Zoos et Aquariums (WAZA).

Quel était le cahier des charges pour la construction ?

Il faut savoir qu’en Suisse, environ 40 % des émissions de CO2 proviennent des bâtiments. Dans sa démarche éco-responsable, L’UICN a résolument opté pour l’innovation. Nous souhaitions offrir une véritable marge de manœuvre aux architectes, avec la liberté de sélectionner les dispositifs et les matériaux aptes à produire un édifice propre et le plus autonome possible énergétiquement. Pour ce qui est du mode de collaboration, nous voulions être partie prenante; nous avons donc imposé notre volonté d’un fonctionnement collaboratif avec les concepteurs, et d’une totale transparence dans les choix, les processus et les défis techniques.

Concrètement, le projet est-il une réussite ?

Indéniablement ! À l’heure de son inauguration, il s’agissait probablement de l’édifice le plus écologique de Suisse, le seul à répondre simultanément au label américain Leadership in Energy and Environmental Design (LEED) Platinium et au standard suisse Minergie-P-Eco. Parmi ses spécificités, il faut citer l’automatisation de différentes fonctions comme la gestion du chaud et du froid par plafonds actifs, des débits de la ventilation à la demande (détection de la concentration du CO2), ou de l’éclairage. Pour le bâti, c’est l’utilisation de 3 différents types de béton, à savoir « normal », « recyclé » et « isolant » qui constitue une avancée. Grâce à la géothermie, la pompe à chaleur réversible cherche cette énergie renouvelable à travers 15 puits profonds de 180 mètres. À l’intérieur c’est la masse thermique du béton qui sert à refroidir ou réchauffer le bâtiment ; un réseau d’eau circule dans les profilés des panneaux thermique et acoustique (heptapanel) et assure l’activation thermique de la dalle. La dissipation de la  chaleur ou du froid en fonction de la saison se gère grâce à l’effet autorégulant.  Les stores inversés ou encore les balcons tout autour du bâtiment augmentent l’efficacité du puzzle énergétique.

Quelles sont donc les performances de l’édifice par rapport à un ouvrage classique ?

Amstein+Walthert a élaboré et validé l’ensemble des concepts écologiques, thermiques ou d’éclairage. En termes d’émission de CO2, la réduction est d’environ 30 % par rapport à un bâtiment conventiel. Aujourd’hui, A+W continue d’apporter son expertise pour l’optimisation des paramètres de réglage et effectue les ajustements nécessaires.

Êtes-vous satisfait de votre collaboration avec Amstein+Walthert ?

Jusqu’à présent, totalement. C’est un partenaire historique, avec qui nous avons déjà réalisé plusieurs projets, dont cette dernière réalisation est en quelque sorte le point d’orgue. Notre satisfaction est entière, notamment en ce qui concerne la réactivité, la transparence et l’efficacité des différents intervenants, dont celle très appréciée du directeur général, Monsieur Achermann, qui a veillé à la qualité de la relation professionnelle. Pour ma part, si c’était à refaire, je n’hésiterais pas !

L’IUCN en bref 

Christian Laufenberg, Head, General Services Unit IUCN (International Union for Conservation of Nature)

Christian Laufenberg, Head, General Services Unit
IUCN (International Union for Conservation of Nature)

Avec 66 ans d’activité dans la protection de la nature et de la diversité, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) est le plus ancien et le plus grand réseau environnemental dans le monde. Il rassemble plus de 1 200 organisations gouvernementales et non gouvernementales avec environ 11 000 scientifiques volontaires travaillant dans plus de 160 pays. L’Organisation est à l’origine du  concept de développement durable et a notamment développé la Liste rouge mondiale des espèces menacées. Elle est la voix de la nature auprès des Nations Unies et est l’organisme technique évaluant tous les sites naturels du Patrimoine de l’humanité pour l’UNESCO.